L’instant portrait : Lucas Cucinotta, fondateur de Norton Peak

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À travers cette série, nous mettons en lumière les femmes et les hommes qui font vivre l’économie, l’innovation et les relations de confiance au sein de notre réseau. Une occasion de découvrir leur vision, leur parcours et ce qui les inspire au quotidien.


Et si l’on pouvait porter une montre suisse tout en prenant part à l’aventure de la marque qui l’a créée ?

Née en Valais, Norton Peak bouscule les codes de l’horlogerie en proposant bien plus que des montres mécaniques Swiss Made. De la conception en Valais à l’assemblage à Bienne, en passant par la motorisation à La Chaux-de-Fonds, la marque mise sur le savoir-faire suisse et un concept original : faire de ses clients des actionnaires et de véritables ambassadeurs.

Derrière cette vision audacieuse, il y a Lucas Cucinotta, son fondateur, qui nous partage son parcours, ses ambitions et sa manière d’entreprendre dans un secteur où tradition et innovation se rencontrent.

1. Trois mots pour vous définir ?

Passionné, déterminé, créatif.

2. Quelle personne a le plus influencé votre parcours ?

En 1997, je terminais mon apprentissage de typographe à Sion et je voulais me former au multimédia et à Internet. J’avais repéré une petite structure à Lausanne qui s’appelait Edicom. Un samedi matin, je suis allé assister à une conférence de son directeur de l’époque, André Jaunin. À la fin de la conférence, je suis allé le voir et je lui ai simplement dit que je voulais faire un stage chez Edicom. Il m’a donné sa carte et, quelques semaines plus tard, j’y commençais mon stage. Cette rencontre a clairement orienté la suite de mon parcours. Une autre étape déterminante a été Breitling Orbiter 3, en 1999, dont je me suis occupé du site Internet pour Breitling. Deux ans plus tard, Breitling devenait le premier client de mon agence.

3. Comment est-ce que vous vous ressourcez ?

Je dois avouer que depuis une année et le lancement de Norton Peak, le rythme est très intense et j’ai beaucoup de peine à déconnecter complètement. J’essaie malgré tout de me ressourcer en famille, en montagne ou simplement en changeant d’environnement. Ce sont souvent ces moments de recul, même courts, qui me permettent de retrouver de l’énergie et de nouvelles idées.

4. Le projet qui vous occupe le plus en ce moment ?

Norton Peak, sans hésitation. Nous sommes encore au début de l’aventure et il reste énormément à construire : les produits, la marque, le réseau de partenaires, la distribution et surtout la communauté autour du projet.

5. Le projet dont vous êtes le plus fier aujourd’hui ?

J’ai créé Iomedia il y a plus de 25 ans et c’est évidemment une grande partie de ma vie d’entrepreneur. Mais aujourd’hui, je suis particulièrement fier de Norton Peak, parce que c’est un projet très personnel et parce qu’en moins d’un an, plus de 100 clients ont accepté non seulement d’acheter nos montres, mais aussi de devenir copropriétaires de l’aventure. C’est une énorme marque de confiance.

6. Votre meilleur apprentissage ces dernières années ?

Après plus de 25 ans dans le digital, développer un produit tangible m’a beaucoup appris. Mais ce qui m’a peut-être le plus surpris, c’est à quel point le contact direct avec les gens m’apporte de la satisfaction : rencontrer les clients, les partenaires, les fournisseurs, échanger avec eux et construire quelque chose de concret ensemble.

7. Quel est aujourd’hui le principal défi dans votre domaine ?

Le principal défi, c’est de se démarquer. J’ai travaillé pendant des années avec mon agence pour Breitling, et une chose m’a particulièrement marqué : l’obsession de Teddy Schneider de toujours vouloir faire les choses différemment des autres. Cette philosophie guide encore beaucoup aujourd’hui le développement de Norton Peak.

8. Un échec qui vous a marqué — et surtout fait grandir ?

Il y a une quinzaine d’années, j’ai lancé deux projets en parallèle : Socksbee, un shop en ligne spécialisé dans la vente de chaussettes, et Alibaba.ch, une plateforme digitale. Les deux ont plutôt bien démarré, mais je me suis dit que je les développerais avec mon agence Iomedia lorsque j’aurais davantage de temps. Le problème, c’est que ce temps n’est jamais vraiment arrivé. Je n’ai pas su, au bon moment, mettre en place une organisation autonome autour de ces projets pour leur permettre de grandir sans dépendre directement de moi. Ça m’a appris qu’un bon projet ne suffit pas. Il faut aussi lui donner les ressources, l’équipe et l’organisation nécessaires au bon moment.

9. Un conseil que vous auriez aimé recevoir plus tôt ?

Ne pas attendre que tout soit parfait pour commencer. On perd beaucoup de temps à vouloir sécuriser toutes les réponses avant d’avancer. Il vaut souvent mieux lancer, apprendre et améliorer en chemin.

10. Selon vous, quelles seront les qualités clés des entrepreneurs de demain ?

La curiosité, la capacité d’adaptation et la vitesse d’exécution. Mais aussi la capacité à créer de vraies relations humaines. Avec l’intelligence artificielle et l’automatisation, beaucoup de choses vont devenir plus accessibles. La différence se fera encore davantage sur la vision, la créativité, la confiance et la capacité à fédérer les bonnes personnes.

11. Ce que le réseautage vous a apporté de plus concret ?

Presque tout commence par une rencontre. Des clients, des partenaires, des fournisseurs, des collaborateurs, des investisseurs ou simplement une nouvelle idée. Je vois moins le réseautage comme le fait d’accumuler des contacts que comme la capacité à créer des relations de confiance. Et très souvent, une rencontre ouvre une porte que l’on n’avait même pas imaginée.

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