Découvrez nos Portraits d’Entrepreneurs
À travers cette série, nous mettons en lumière les femmes et les hommes qui font vivre l’économie, l’innovation et les relations de confiance au sein de notre réseau. Une occasion de découvrir leur vision, leur parcours et ce qui les inspire au quotidien.
Depuis plus de 30 ans, Pemsa Group fait le lien entre les entreprises à la recherche de talents et les professionnels en quête de nouvelles opportunités. Spécialisé dans le recrutement et la gestion de personnel, le groupe s’appuie sur une solide expertise dans les métiers techniques, la construction et l’industrie, tout en accompagnant aujourd’hui des profils et des entreprises dans de nombreux secteurs grâce à 10 agences à travers la Suisse.

1. Trois mots pour vous définir ?
Authentique, exigeant, curieux.
Authentique parce que je crois profondément à l’alignement entre ce que l’on dit et ce que l’on fait. Exigeant envers moi-même d’abord, puis envers les projets que je porte. Curieux, enfin, parce que c’est ce qui me pousse à apprendre, à écouter, à avancer.
2. Quelle personne a le plus influencé votre parcours ?
Difficile de n’en citer qu’une. Plusieurs rencontres ont compté à des moments précis.
Jean-Claude Biver, d’abord, lors d’une conférence il y a plus de vingt ans : j’ai découvert ce jour-là ce qu’est le vrai storytelling — cette capacité à embarquer les gens dans une vision. Paul Bulcke ensuite, avec qui j’ai eu la chance d’échanger lors d’un moment informel. Ce que j’en ai retenu : savoir s’enrichir de l’opinion des autres, et composer avec. Avni Orllati, que j’ai connu en marcel au volant d’un camion, et qui est aujourd’hui un entrepreneur à succès — il m’a rappelé que le travail prime sur tout le reste.
Et puis Claude Fehlmann, avec lequel j’ai navigué et qui est devenu un ami sincère. Il était profondément humain et authentique, cette amitié m’a beaucoup inspiré. Sa disparition reste une perte réelle.
Ma femme, enfin. Elle a toujours su être à mes côtés et me faire confiance. Dans la durée, c’est une forme de soutien qui compte plus qu’on ne le dit souvent.
3. Quel livre vous a apporté un vrai déclic ?
Deux livres, en réalité, qui se répondent. La Prophétie des Andes de James Redfield et L’Alchimiste de Paulo Coelho. Ce ne sont pas des manuels de management, et c’est peut-être pour ça qu’ils m’ont autant marqué. Ils parlent d’écoute, de sens, de la capacité à reconnaître les signes que la vie envoie. Dans un métier aussi ancré dans le réel que le nôtre, ils m’ont rappelé qu’une part d’intuition et de confiance en ce qu’on construit est indispensable.
4. Comment est-ce que vous vous ressourcez ?
Je suis montagnard et loup de mer — deux univers qui semblent opposés mais qui me nourrissent de la même façon : par le silence, l’effort et la beauté du monde quand on prend le temps de la regarder.
En voile, j’ai participé à plusieurs régates. Sur les skis, je pratique le ski de randonnée, et cette année j’ai relevé un défi particulier : la Patrouille des Glaciers, pour mes 60 ans. C’était une belle leçon de vie — aller jusqu’au bout, ne pas se retirer, oser. Ces moments-là remettent les choses à leur juste place.
J’aime aussi les bonnes tables, entouré de personnes intelligentes et authentiques. Et j’ai besoin de solitude autant que de convivialité — les deux se complètent.
5. Le projet qui vous occupe le plus en ce moment ?
Préparer la suite. Après plus de trente ans à construire ce groupe, je suis entré dans une phase qui est peut-être la plus exigeante de mon parcours : apprendre à transmettre, puis à lâcher.
Ce n’est pas une décision subie — c’est un choix conscient, pensé et structuré. J’ai autour de moi une équipe solide, des femmes et des hommes en qui j’ai une confiance profonde, et qui sont capables de porter le groupe plus loin que je ne pourrais le faire seul. Mon rôle aujourd’hui, c’est de les préparer à prendre toute la place, tout en préservant l’âme de ce qu’on a construit ensemble.
C’est un exercice d’humilité autant que de responsabilité. Et c’est, sans doute, le projet le plus humain que j’aie jamais porté.
6. Le projet dont vous êtes le plus fier aujourd’hui ?
D’avoir fait évoluer Pemsa Group sans le dénaturer. Passer d’une marque historique à un groupe multi-marques, tout en préservant la proximité avec les équipes et les clients, ce n’était pas évident. Les labellisations Great Place to Work® et Best Workplaces™ for Wellbeing en sont, à mes yeux, le plus beau symbole.
7. Votre meilleur apprentissage ces dernières années ?
Que la vitesse n’est pas toujours la bonne réponse. On vit dans un monde qui valorise l’immédiateté, mais les décisions structurantes demandent du temps, de la maturation, de la concertation. J’ai appris à ralentir quand il le faut, pour aller plus loin ensuite.
8. Quel est aujourd’hui le principal défi dans votre domaine ?
La tension sur les compétences techniques. Dans le bâtiment, la construction, l’industrie, les profils qualifiés se font rares et sont très sollicités. Notre rôle s’en trouve transformé : nous ne sommes plus seulement des intermédiaires entre une offre et une demande — nous devenons de véritables partenaires dans la stratégie RH de nos clients.
C’est d’ailleurs ce constat qui nous a conduits à créer Akadeo, notre nouvelle entité dédiée à la formation. Face à la pénurie de compétences, attendre que les talents existent ne suffit plus. Il faut contribuer à les former, à les qualifier, à les accompagner dans des parcours qui leur donnent une vraie valeur sur le marché. C’est une façon concrète d’assumer notre rôle d’acteur responsable — et c’est cohérent avec ce que nous défendons depuis le début : le capital humain avant tout.
9. Un échec qui vous a marqué, et surtout fait grandir ?
D’avoir voulu aller trop vite sur trop de fronts à la fois. À un moment de la croissance du groupe, j’ai lancé plusieurs projets en parallèle, convaincu que l’énergie collective suffirait à tout porter. Elle ne suffit pas toujours. Certains projets ont souffert d’un manque de focus, d’autres ont simplement manqué du temps nécessaire pour mûrir.
Ce que j’en ai retenu : la dispersion est l’ennemie de l’excellence. Aujourd’hui, j’arbitre différemment. Moins de chantiers ouverts simultanément, mais portés avec plus de conviction et de ressources.
10. Un conseil que vous auriez aimé recevoir plus tôt ?
Qu’il vaut mieux être différent que conforme. Dans nos métiers, la tentation du suivisme est forte — on regarde ce que font les concurrents, on s’aligne, on rassure. Or les positions intéressantes sont rarement au milieu. Être premier ou meilleur, ce n’est pas toujours possible. Être différent, c’est presque toujours un choix qu’on peut faire, et c’est souvent celui qui paie sur la durée.
11. Selon vous, quelles seront les qualités clés des entrepreneurs de demain ?
L’agilité, sans renoncer à la profondeur. La capacité d’écoute, qui devient un avantage réel dans un environnement saturé d’informations. Et une forme d’humilité — qui n’est pas de la modestie, mais simplement la reconnaissance que personne ne peut tout maîtriser. Le reste s’apprend en chemin.
12. Qu’est-ce qui vous donne l’élan chaque matin ?
Les équipes. Savoir que derrière chaque journée, il y a des femmes et des hommes qui s’investissent, qui prennent des risques, qui construisent quelque chose. C’est une responsabilité importante, et c’est aussi ce qui rend le métier vivant.
13. Ce que le réseautage vous a apporté de plus concret ?
Des idées neuves, et parfois des changements de cap. Plusieurs de nos orientations actuelles viennent de discussions informelles avec d’autres dirigeants qui rencontraient les mêmes difficultés que nous. Le vrai réseautage, ce n’est pas des cartes de visite échangées — c’est des conversations honnêtes où chacun parle vraiment de ce qu’il vit.
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